[CES] Mélodies éphémères

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[CES] Mélodies éphémères

Message par Jean Neige le Mar 24 Oct - 16:36

[HRP: Topic RP pour FIN. Réupload suite à une maintenance forumactif qui a supprimé le topic.]

Six-cent trente-huit. Six-cent trente-neuf. Six-cent quarante…. Six-cent quarante-et-une… Six-cent... quarante-deux…

Enfin…

Un doute s’insinua dans son esprit. Avait-il compté cent de trop ? Ou mille de moins ? Il n’était plus vraiment sûr. À ce stade, il se demanda s’il ne comptait juste pas des nombres au hasard pour se motiver.

Finn, main sur les genoux, essoufflé, pris le temps d’admirer les reflets rougeoyants de la somptueuse cité avant de reprendre sa course.

Des amantes exigeantes, j’en ai connu, mais de toutes, Port-Réal est définitivement la pire...

Lorsqu'il était arrivé en ville, il ne s’imaginait pas que cette aventure lui demanderait tant d’efforts. Il en avait payé le prix, face à ses rivaux de régiments, face à des échecs sentimentaux. Il ne pouvait plus continuer dans la nonchalance. Vivre au jour le jour n’était pas incompatible avec un minimum d’entraînement.

Pour exister dans ce lieu, il faut toujours se démarquer. C’est à la fois fatiguant et… excitant. Et après tout, de quel genre d’histoire s’agit-il si le ménestrel ne dénote pas du paysage ?

Lorsque les ménestrels chantent à la gloire d’un homme, souvent eux-mêmes, ils ont besoin d’exploits à raconter, parfois extrapoler dessus, mais tout de même.

Mais pour vanter des exploits, il faut avoir quelque chose à exploiter. Logique.

Il détenait désormais des connaissances interdites, grâce à un [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] au fond d'une ruelle d'un quartier marchand. Seulement, il ne savait pas encore comment les utiliser..

Il avait peut-être la théorie. Ne manquait que la pratique. Comment faisait-il, déjà ? Ah oui, très répétitif, à vrai dire.

Tout commence…

…Heure du rossignol. Finn se levait, déjà habillé pour l’effort matinal. Il attrapait un bandeau noir, le posait sur son front, le nouait autour de sa tête. Leonah, réveillée par le bruit, baillait. Finn préparait une tisane à base d’herbes dont lui seul semblait connaître les effets. Leonah était fatiguée. Finn faisait encore du bruit (défaut récurrent chez les musiciens). Leonah râlait. Finn s’excusait, enjoué, et claquait la porte, sous le regard exaspéré de Leonah.
Leonah re-baillait.

Rue de l’Acier. Le jeune adjudant du régiment Caron se frayait un chemin parmi les lève-tôt et les forgerons. Le vieux Jon lui lançait, précisément à la même heure chaque jour, une pomme verte dont il se saisissait habilement en pleine course.

« Merci, l’ami », s’exclamait-t-il à chaque fois.

Finn passait derrière l’étal d’un boucher et  frappait subitement sa viande crue sans raison, avant que ce dernier ne le chasse, lui faisant prendre ses jambes à son cou, sous le regard exaspéré de Leonah (quand bien même elle n’assistait pas à la scène, imaginer Finn en train de le faire était amplement suffisant pour l’exaspérer).

« Reviens ici, petit enfoiré ! Qu’est-ce que tu crois faire à la fin, bon sang ?
- Je bats le boa, l’ami. »

Il faudrait vraiment que je lui offre un dédommagement pour sa viande. Un jour.

Mais, chaque fois, il se disait que c’était ainsi que devait se dérouler son aventure.

Finn rentrait ensuite en caserne, espérant chaque fois croiser son capitaine jetant un œil au drapeau ou le sous-lieutenant Nymor s’acharnant sur un mannequin mystérieux. Mais comme à chaque fois, il semblait venir à la mauvaise heure. Peut-être même aussi la mauvaise période du mois.

Lames jumelles dégainées, Finn enchaînait habilement les coups sur un mannequin d’entraînement, mais il savait que ses tours de passe-passe de ménestrel amateur n’étaient pas suffisants. Jasper du Bourg-d’Azur n’avait pas occis le dragon en s’en tenant à des techniques de roublard.
Face à des colosses tels que son rival dit « le Rouge », il se devait d’améliorer sa force brute.

Après ce sentiment d’insuffisance récurrent, Finn se dirigeait, à chaque fois, à nouveau vers chez lui pour un entraînement physique intensif. Étirements, pompes, levée de poids… La même rengaine tout les jours. Il échappait un cri à chaque effort pour rendre l’action plus dramatique, sous le regard exaspéré de Leonah, roulant les yeux au ciel.

Puis Finn prenait une pause. Se préparait une autre mixture aux odeurs douteuses. Ressortait courir une dernière fois, re-claquant la porte, sous le regard exaspéré de Leonah, qui se fatiguait elle-même à le regarder de manière exaspérée.

Fini de courir. Maintenant, il faut voler.

Finn se dirigeait avec hâte vers les soi-disant six-cent quarante-deux marches menant au Septuaire de Baelor (et pensait à devoir vraiment les compter un jour au lieu de répéter des nombres au hasard).

Voilà à quoi ressemblaient les journées du sergent Caron depuis désormais plusieurs semaines.

Une fois en haut, il admira la vue, et se fit les mêmes réflexions sur son cycle de vie sans fin. Profitant de ce flottement dans le temps et du silence ambiant, il parvint à éprouver un certain enthousiasme face à cette nouvelle vie. Maints défis glorieux l’attendaient, il ne lui restait plus qu’à s’y préparer.

L’aventure qu’il voulait mener, elle se tenait devant lui, sous la forme de Port-Réal elle-même.

Quelques heures plus tard, sous le regard curieux de Leonah, il s’assit en tailleur dans la cuisine de cette dernière, yeux fermés, mains sur les genoux, prenant des profondes inspirations.

« Hum. Qu’est-ce… que… tu fais, là ?
- Shh. Je canalise mon barde intérieur. »

Leonah, levant un sourcil, se saisit de la pomme posée sur la table, apportée par Finn, et croqua dedans à pleine dents.

« Mais, en fait, pourquoi tu t’entraînes autant ? J’aimerais bien comprendre, un jour. Non parce que, c’est pas que j’ai envie de dormir le matin mais…
- Tu as bien vu la pâtée que m’ont mit ces satanés dorniens, l’amie. Même Nymor, avec sa carrure imposante, n’a pas tenu le coup lors de nos affrontements au tournoi.
- Tu ne m’avais pas dit que, la lunaison dernière, il a mit le sous-lieutenant Noran Cendres à terre en un seul coup ? Et il faudrait que tu arrêtes de m’appeler « l’a…
- Nymor et Ezekiel se sont montrés dignes de boire une gorgée d’eau de Rhoyne. Sans doute la même où nageait le Saumon de la connaissance autrefois. Mais je n’ai pas accès à ce genre de talents, il me faut des alternatives. Il m’a montré la Voie, je dois désormais trouver un moyen de l’emprunter. »

Leonah haussa les épaules et tourna une paume vers le ciel.

« L’emprunter pour… ?
- Pour devenir un ménestrel alpha.
- Les Septs soient loués…
- Tu sais, on ne peut pas être n’importe qui et prétendre au titre de prince des harpistes.
- C’est pour ça que tu t’entraînes avec acharnement ?
- Pour faire des exploits, il faut savoir quoi exploiter.
- Non mais, du coup, tu vas courir tout les jours pour ça ?
- L’habit ne fait pas le barde.
- Et que viennent faire la pomme, la viande crue et les marches dans tout ça ?
- Poète qui roule n’amasse pas… euh, j’en sais rien, à vrai dire. Ça m’est venu tout seul.
- Mais un barde, ça fait pas genre, de la musique ? »

Le silence s’imposa dans la pièce. Il eut l’impression de ressentir le même déclic qu’avec le saumon dans la ruelle. Un nouvel éveil spirituel et mental.
Il ouvrit subitement les yeux et vit la vérité se réveler devant lui. Tout semblait désormais clair. Il savait enfin quoi faire.

« Par les anciens Dieux et les nouveaux… »

Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Jamais une idée ne m’a semblé aussi sage et judicieuse. La Vérité vient de m’être révélée.

« Je dois aller faire de la musique. C’est ce qui fera de moi le poète de l’ombre et chanteur de lumière.
- C’était pas évident pourt…
- Pardonne-moi Leonah, le devoir m’appelle. Le Saumon vient à nouveau de me révéler ma prochaine mission. »

Finn se leva brusquement et se hâta d’enfiler son uniforme et sa ceinture, avant de se saisir de sa harpe dorée.

« Mais c’est moi qui vient de… Rah, entre toi et tes poissons et l’autre avec son fleuve, y’en a pas un pour rattraper l’autre ! Tu es sûr qu’à force de prendre des herbes bizarres ça ne t’es pas un peu monté à la tête ? Une dose un peu trop importante de ton fameux « sucrelune » peut-être ?
- NE PROFITE ABSOLUMENT PAS DE MON ABSENCE POUR EN PRENDRE ! »

Finn claqua la porte, sous le regard exaspéré de Leonah.

Il courut vers le Bivouac du Reître, où il retrouva d’autres camarades de sa caserne, pour qui il entonna un chant jovial, harpe en main.

Et le lendemain, ce serait reparti pour l’entraînement.

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Re: [CES] Mélodies éphémères

Message par kendalch le Ven 27 Oct - 14:04

[HRP: "Face à des colosses tels que son rival dit " le rouge" il se devait d'améliorer sa force brute" ...copieur ^^
Un poète n'est pas nécessairement un colosse !!

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Re: [CES] Mélodies éphémères

Message par Jean Neige le Ven 27 Oct - 14:19

[HRP: "Un poète n'est pas nécessairement un colosse !!" Cela doit faire sans doute partie des nombreuses remarques de Leonah à l'encontre de Finn durant le mois. Mais il ne semble pas vraiment écouter.]

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Re: [CES] Mélodies éphémères

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